Le Coeur

en attendant que cette rubrique soit actualisée vous trouverez toutes les informations sur le coeur sur les sites suivants :

- angiocardio.com
- heartandcoeur.com
- mecenat-cardiaque.asso.fr
- fedecardio.com
- ancc.asso.fr

Quelques chiffres

TAUX DE MORTALITE INFANTILE APRES INTERVENTION CHIRURGICALE CARDIAQUE OU CATHETERS.

 
Interventions chirurgicales
Cathéters
 
Globale
opéré >1 et <16 ans
Globale
à 1 mois
5,10%
13,90%
0,90%
entre 1 mois et 1 an
11,30%
1,90%
au delà de 1 an
8,80%
3,90%

STATISTIQUES, information :

Je me permets de vous faire passer des informations que je reçois pensant qu'elles peuvent vous intéresser.

La mortalité post-opératoire est sous-évaluée dans les statistiques hospitalières

Date de création : 16 mars 2004

La décision éclairée de subir une intervention chirurgicale pour une pathologie grave ou un geste thérapeutique lourd suppose une connaissance du risque réel de ce type de traitement. A cet égard, peut- on se fier aujourd’hui aux statistiques de mortalité publiées dans la littérature médicale ou à celles que déclarent les centres chirurgicaux ?
Pas vraiment si l’on en juge par un travail publié par la Société des Chirurgiens Cardio-thoraciques du Royaume Uni.

Cette Société Savante a initié un audit portant sur la mortalité à 30 jours (opératoire) et à un an des enfants opérés (ou ayant bénéficié d’un cathétérisme thérapeutique[CT]) pour une cardiopathie congénitale dans l’un des 13 centres habilités du pays sur une période de un an (avril 2000-mars 2001).
Pour permettre des comparaisons nationales et d’hôpital à hôpital, seules six opérations courantes, et 3 types de CT fréquemment pratiqués ont été pris en compte (pour la chirurgie, cure de communication inter-auriculaire [CIA], de communication inter-ventriculaire [CIV], de canal atrio-ventriculaire, de tétralogie de Fallot, de transpositions simples des gros vaisseaux ou de coarctation ; pour les CT, fermeture de CIA, de canal artériel et valvulo-plastie pulmonaire). La mortalité a été étudiée d’une part en se servant des déclarations des équipes médico-chirurgicales et d’autre part par un « traking » individuel des enfants traités sur les registres d’état civil grâce au numéro unique de Sécurité sociale.

La mortalité peut doubler entre 30 jours et un an. Sur cette période, 3666 interventions chirurgicales et 1828 CT ont été pratiqués dans ces 13 centres. Quatre constations importantes peuvent être tirées de la lecture de cette enquête.

1) Pour ces 6 types d’interventions chirurgicales (les plus couramment pratiquées) la mortalité globale a été de 5,1 % à 30 jours et de 8,8 % à un an. Après les 3 types de CT, les pourcentages de décès étaient de 0,9 % à un mois et de 1,9 % à un an. Ainsi les chiffres de mortalité à un mois, les plus souvent retenus dans les publications chirurgicales, ne reflètent qu’imparfaitement la réalité et donnent une vision trop optimiste du pronostic ne tenant que peu compte des complications à moyen terme. Pour les enfants de moins de an, par exemple, la mortalité à 12 mois est le double de celle constatée à 30 jours.

2) La diminution du risque avec l’âge des malades est largement confirmée. Ainsi, pour la chirurgie, la mortalité à un an des enfants opérés entre 1 et 16 ans n’est que de 3,9 %, alors qu’elle est de 11,3 % chez les nourrissons et de 13,9 % pour les nouveau-nés.

3) Aucune différence significative de mortalité n’a été constatée entre les 13 centres, ce qui est rassurant pour le système de santé britannique, même si les chiffres précis sont difficiles à interpréter en raison de la faiblesse des effectifs pour chaque centre et chaque type d’intervention qui entraîne un intervalle de confiance large. 22 % des décès n’avaient pas été déclarés !

4) Le résultat vraiment nouveau (et relativement inquiétant) de cette étude est la discordance entre les chiffres obtenus à partir des registres nationaux d’état civil et ceux communiqués par les équipes médico-chirurgicales.
Par exemple, sur les 194 décès survenus à un mois 42 n’avaient pas été déclarés par les centres soit une sous-estimation de 22 %. Dans 19 de ces observations la sous-déclaration pouvait être liée à un manque d’information, le décès étant survenu dans les 30 jours mais après la sortie de l’hôpital. Dans les 23 autres cas il s’agissait d’erreurs de codage conduisant à une sous estimation des décès hospitaliers de 9 % environ. Une étude fine des registres hospitaliers a montré par ailleurs une sous-déclaration d’environ 10 % du nombre d’interventions.

Ainsi, la crédibilité des résultats publiés ou déclarés dans ce type d’interventions lourdes doit être mise en doute avant une décision opératoire, les chiffres réels de mortalité étant le plus souvent sous-évalués.
De tels audits paraissent indispensables dans de nombreux domaines, non seulement pour contrôler la qualité des soins d’un établissement à un autre mais également pour éclairer de façon objective le choix des praticiens et des patients.

Dr Anastasia Roublev
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Gibbs J et coll. : « Survival after surgery or therapeutic catheterisation for congenital heart disease in children in the United Kingdom : analysis of the central cardiac audit database for 2000-1. » Br Med J 2004; 338 : 611-615. © Copyright 2004 http://www.jim.fr